17 Octobre 1961

    Création d'une association intitulée "17 octobre 1961 : contre l'oubli"

    PARIS, 9 mars (AFP) - Des historiens, juristes, philosophes, ont annoncé jeudi à Paris la création d'une association, pour obtenir de l'Etat qu'il reconnaisse comme "crime" la répression sanglante de la manifestation parisienne des Français musulmans d'Algérie le 17 octobre 1961.

    L'association "17 octobre 1961 : contre l'oubli", qui souhaite que soit créé un lieu du souvenir, exige également le libre accès aux archives publiques, qui n'est "toujours pas garanti" malgré les instructions données en mai par le gouvernement, selon le président de l'association, le philosophe Olivier Le Cour Grandmaison.

    L'historien Jean-Luc Einaudi s'en est pris à la préfecture de police de Paris : "Confrontée à son histoire, la préfecture continue d'empêcher de pouvoir consulter ses archives sur ces événements. A quoi correspond cette attitude scandaleuse ?"

    Les fondateurs de l'association, qui se veut "citoyenne, indépendante et plurielle", veulent profiter de l'élan donné par l'appel qu'ils avaient lancé en octobre dernier et signé à ce jour par près de 1.500 personnalités : écrivains (Tahar Ben Jelloun), historiens (Pierre Vidal-Naquet, Annette Wievorka), artistes, philosophes (Etienne Balibar, Jacques Derrida), chercheurs (Pierre Bourdieu, Claude Hagège), responsables d'associations et de syndicats, élus de tous bords, gardiens de la paix.

    "Ces crimes doivent être publiquement et officiellement reconnus. Nous souhaitons que cesse cette injustice maintenue par un silence délibéré", a expliqué M. Le Cour Grandmaison.

    "Accepter de dénoncer les fautes ou les erreurs de la police est le seul moyen de créer un climat de confiance auprès de la population", a pour sa part déclaré Erik Blondin, gardien de la paix, du Syndicat de la police nationale.

    Dans la nuit du 17 octobre 1961, les forces de l'ordre avaient réprimé une manifestation pacifique organisée par le FLN contre le couvre-feu, faisant, selon différentes sources, de trois morts (officiel) à 200 (selon les travaux de Jean-Luc Einaudi). Deux rapports remis en 1998 et 1999 évoquent 32 morts pour l'un, 48 pour l'autre.
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    On se félicite de la création de cette association tant attendue pour éclairer les moments sombres de l'histoire coloniale dans lesquels des voix ont été réduites au silence et la mémoire collective et historienne a été étouffée lorsqu'elle voulait, par principe de droit et de fait, jeter toute la lumière sur le massacre de 17 octobre 1961.

    Mohammed ZINE



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