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C’est pour marquer
les esprits que j’ai paraphrasé le Président
Kennedy lorsqu’il avait proféré « Nous
sommes tous des berlinois » en pleine guerre froide et aussi
parce que les va-en guerre de ce moment me rappelle les feuilles
mortes de l’automne qui s’égaient au gré
des vents.
Je ne peux taire ma voix, d’abord parce que je suis musulman
et arabe et parce que j’ai toujours été outré
pour de diverses raisons de l’attitude, souvent suffisante
des Etats Unis d’Amérique.
En fait, le débat tourne autour de mots clés : le
mode de vie et ce pauvre mot de « démocratie »
qui a été galvaudé par cela même qui
l’ont inventé.
Mais avant de poursuivre, j’aimerais exprimer mon profond
regret pour la tragédie du 11 septembre de titre mémoire
et surtout apporter ma sincère affection au peuple américain
dans son ensemble. Pour moi, rien ne justifie des actions de ce
type et les auteurs –pour les vivants- devraient répondre
de leur geste devant la justice.
Pourquoi le gouvernement américain veut-il absolument s’attaquer
à l’Irak ? D’abord, il faut le préciser
que depuis 1991 l’Irak a déjà été
morcelé et que les attaques anglo-américaines n’ont
pas cessé depuis. Je ne peux mettre en veilleuse cet embargo
inhumain qui frappe l’Irak et qui a fait plus de 500.000 morts
essentiellement des enfants en bas âge et des femmes.
Le président Bush apporte comme élément clé
à son discours ; en dehors de la multitude des non-dits ;
que l’Irak est un allié à Ben Laden, que c’est
une puissance potentielle qui peut aider le terrorisme international
à perpétrer des actions de type 11 septembre. Monsieur
Bush est plutôt meurtri du fait que Ben Laden, non seulement
n’a pas été pris ou abattu mais que surtout
il apparaît, comme il veut, quand il veut, en diffusant des
messages, maintenant authentifiés, qui jettent l’opprobre
sur l’Amérique.
C’est le nœud géorgien du problème et
c’est le véritable débat. Je dirais même
que c’est bien le moteur qui attise la haine contre l’Irak.
Je le dis comme cela car je reste convaincu que si demain Ben Laden
se rendait au Etats Unis et qu’ils l’exposeraient comme
un animal de scène à Guantanamo, le discours de Bush
s’atténuera par lui-même.
J’ai été réconcilié avec l’humanité
en constatant que durant le week-end du 15 février, plus
de dix millions de personnes ont manifesté à travers
le monde. D’Adélaïde à Honolulu, des personnes
éprises de paix ont crié leur désespoir. J’ai
été scotché à mon fauteuil lorsque j’ai
vu les manifestations à l’intérieur même
des Etats Unis. Des artistes de renom ont crié leur dépit
à la face du monde pour ne pas dire à la face de Bush.
L’équation est toute simple : 200.000 GI’S piaffent
d’impatience de recevoir l’ordre d’attaquer l’Irak
et cet ordre peut être donné par Monsieur Bush qui
suit les conseils d’une équipe d’irréductibles
qui campent à la Maison Blanche et ce en dépit des
opinions divergentes émises ça et là et même
aux Etats Unis.
Et tout cela pourquoi ? Uniquement pour contrôler une matière
première qui colle comme une verrue au 20° siècle
et qui sans elle, l’économie occidentale s’écroulerait
comme un château de cartes. Vous m’avez compris, je
parle de Sa Majesté LE PETROLE.
Je campe sur ma position et je dis que Monsieur Bush se trompe
énormément dans ses calculs car jamais, au grand jamais
il ne pourra contrôler le pétrole du Golf Persique
et particulièrement irakien. Son action, si elle irait jusqu’au
bout plongerait le monde dans une incertitude terrifiante. Les masses
arabes, jusqu’ici discrètes, se soulèveront
et le monde ne connaîtra plus la paix. Surtout si Saddam Hussein
sera abattu comme on l’espère ici où là.
Du sanguinaire qu’il est il deviendra de facto un héros
pour les masses arabes et musulmanes du monde entier. Et lorsque
l’on sait qu’il y a par exemple 5 millions de musulmans
rien qu’en France gageons que les mesures prévues pour
« éradiquer » le terrorisme ne seront qu’un
fétu de paille comparées à la haine qui se
disséminera dans le cœur des musulmans. Et ce serait
le plus grand des services que Bush rendra au Héros Saddam
Hussein … !
Un français musulman vivant à Nîmes : Badreddine
BENYOUCEF
B.B
Nīmes le 1° septembre 2001
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